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November 12 69/2009 : Sa majesté des mouches(William Golding) Il est des classiques qu’il faut avoir lu et “sa majesté des mouches” en fait d’autant plus partie que sa lecture est simple tandis que le sujet est puissant. J’ignore si Golding doit son prix Nobel à ce livre, mais il révèle une acuité dont seuls les grands écrivains font preuve. Le sujet est assez largement connu : un avion s’écrase sur une île paradisiaque avec à son bord des enfants, évacués en raison de la guerre. Seuls ces enfants ont survécu et se retrouvent désormais à devoir survivre sur cette île en attendant du secours. Bientôt, deux “chefs” vont s’imposer : Ralph, un peu distant, mais à l’allure responsable et Jack, autoritaire et décidé. Tandis que le premier devient le “chef naturel” du groupe et organise comme il le peut la vie quotidienne, le second prend rapidement un rôle militaire de chasseur. Quelques crises extérieures (la maîtrise du feu, la présence d’un monstre, le gibier à chasser) vont opposer ces deux personnalités et rendre difficile la cohabitation, mettant même en péril le sauvetage de l’ensemble de la communauté. Evidemment, le thème du roman est l’organisation du pouvoir, et j’ai envie de dire que le roman marque un incroyable pessimisme sur la nature humaine et même la démocratie. Etant pessimiste de nature, je suis même choqué de ne pas être contredit par l’auteur, et ceci jusqu’à la dernière page… C’est qu’on s’attend toujours un peu de la part d’un auteur primé à une foi en l’homme ou en l’avenir. Mais peut-être que la publication, une dizaine d’années après la seconde guerre mondiale y est pour quelque chose. Les enfants révèlent certes une attitude fantasque à laquelle on s’attend, nous, adultes, de leur part. Mais ils révèlent aussi un égoïsme et une brutalité que nous refusons souvent de voir et qui montrent qu’avant d’être un homme, on commence bête. L’auteur nous montre alors comment ces enfants en arrivent un jour à tuer. Et loin de faire passer l’incident pour un accident de parcours, l’auteur récidive, montrant l’inéluctabilité de la violence. Et quand Ralph, le sage à nos yeux, devient marginal puis pourchassé, on comprend mieux l’arrivée de certains dictateurs qui parviennent si facilement, par populisme, à diriger une foule stupide. Et on ne peut que conclure devant un tel échec qui met à mal toutes les utopies que le seul rempart qui peut nous protéger de la bestialité et de la bêtise est une éducation morale que seule la philosophie peut proposer sans trop d’arrières-pensées. A condition que tout le monde soit formé à la recevoir. Sa majesté des mouches est donc un livre intense, déprimant mais puissant, qui marque les esprits et empêche les lecteurs de tomber dans le piège de l’angélisme consistant à croire que les hommes choisissent toujours le meilleur pour eux-même. Dans toute les circonstances, l’intelligence et la sagesse doivent être entretenues : elles ne sont jamais acquises. TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://mamar68.spaces.live.com/blog/cns!5D7EE9667C667422!1763.trak Weblogs that reference this entry
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