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    October 27

    67/2009 : Toujours L.A.

    (Bruce Wagner)

    Durant toute la lecture de ce livre de 500 pages, je n’ai pas cessé de changer d’opinion à son sujet : d’abord sceptique en raison du “parrainage” de Easton Ellis, Ellroy et Rushdie sur la couverture et la quatrième, j’ai rapidement été intéressé par une rédaction lente, présentant trois personnages dont on suivra la vie tout au long du récit.

    Ces trois personnages sont respectivement une figurante espérant le grand rôle, un acteur starifié boudhiste qui espère une rédemption et une secrétaire (?) adoratrice de ce même acteur mais dont la vie n’est qu’un amas de troubles psychologiques. Les trois personnages évoluent dans le monde du spectacle, dont la description désenchantée rappelle bien en effet les meilleures pages de Brett Easton Ellis.

    Le roman ronronne jusqu’à la fin de la première partie, où un événement assez impressionnant relance le texte et fait penser qu’autre chose va arriver, peut-être même une intrigue à la Ellroy… sauf que les pages suivantes retombent rapidement dans cet “ennui” qui ne sera levé que vers la fin, avec une apogée merveilleuse qui rachète à elle seule le livre entier : car dans les 100 dernières pages, le livre prend de la hauteur, adopte un point de vue humaniste sur les personnages et conclut leurs histoires d’une manière qui évoque des sommets de la littérature, tandis que le lecteur comprend une bonne partie (mais pas tout, pas à la première lecture, en tous cas) des errements passés qui tendent tous vers cette conclusion.

    C’est que Bruce Wagner dévoile certaines de ses intentions, mais en garde d’autres pour la fine bouche. Le lecteur, abusé par ce qu’il croit être le sujet du roman regarde souvent ailleurs, ce qui permet sans doute cette fin intéressante.

    Reste que l’environnement décrit est d’autant plus déprimant qu’un lecteur qui suit un tant soit peu les informations sur Internet est désespérément familier des noms et des événements décrits : on voit passer tout Hollywood dans ces pages, depuis les réalisateurs à la mode jusqu’aux acteurs has-been, en passant par la faune connexe. Et quand Wagner parle de Sofia ou Darren, on a presque l’impression d’être familier avec Sofia Coppola ou Darren Aronosky, accentuant encore une immersion déjà forte en raison de la “proximité” des personnages principaux.

    “Toujours L.A.” est donc un roman trompeur, beaucoup plus littéraire qu’attendu, et explorant avec voyeurisme et distance les bas-fonds d’Hollywood.

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